SÉCURITÉ/SÛRETÉ LOCALE, POLICE MUNICIPALE...
- Megane Mazarguil
- 27 janv.
- 4 min de lecture
Une politique de sécurité locale doit être conçue avec une grande précision juridique
et une grande technicité opérationnelle. Notre projet sécurité, mené par plusieurs de
nos colistiers spécialistes en la matière, inclut la mise en place, en plus de diverses
structures de vigilance et d’alerte, d’une police municipale (projet, avec diverses
options, soumis à votation citoyenne).
Sécurité ou sûreté ?
Par abus de langage, nous utilisons le terme « insécurité » pour tout ce qui concerne les
évènements déplaisants qui nous affectent. En pratique, on fait la différence entre deux
domaines qui nécessitent des réponses différentes :
- la sécurité concerne les évènements accidentels (accidents du quotidien,
catastrophes naturelles, dommages non intentionnels). Ainsi, techniquement,
s’intéresser à la sécurité signifie anticiper d’éventuelles catastrophes, principalement
par des actions de prévention, pour en minimiser les conséquences. Mais on ne pourra
pas empêcher ce type d’évènements de se produire.
- la sûreté concerne les actes de malveillance (agressions, vols, attaques,
dégradations…) que nous cherchons à réduire et, dans l’idéal, supprimer. Il s’agit donc
ici d’une démarche de dissuasion.
Un constat
Le graphique ci-dessous (source : commissariat de Sainte-Geneviève-des-Bois)
représente l’évolution de trois types d’actes de délinquance à Villemoisson : les atteintes
aux biens, les atteintes volontaires à l’intégrité physique, les infractions concernant la
tranquillité et la salubrité.

Ce graphique appelle quelques précisions :
- il s’agit des actes ayant donné lieu à une plainte. Ne sont donc pas comptabilisés
ceux qui n’ont pas été déclarés au commissariat ni ceux qui ont donné lieu à une
simple main courante.
- Les chiffres de 2025 ne sont pas encore connus, mais l’installation des caméras en
juin dernier a probablement eu une incidence.
La situation actuelle
La commune est déjà dotée d’un agent de surveillance de la voie publique (ASVP).
Les ASVP sont des fonctionnaires territoriaux, qui appartiennent à la
filière administrative ou technique. Leur cadre d’emploi relève principalement de
l’article L.130-4 du Code de la route et du Code général des collectivités territoriales.
Contrairement aux policiers municipaux, ils ne sont pas armés.
Leur mission principale est la surveillance de la voie publique. Ils peuvent verbaliser
les infractions au Code de la route relatives au stationnement payant ou gênant. Ils
participent aussi à la prévention et à la présence dissuasive sur le terrain, tout en
informant le public et en relayant les signalements vers la police municipale.
Ils participent également à la lutte contre les bruits du voisinage, aux infractions aux
règlements sanitaires et à la propreté des espaces publics. Ils surveillent la sécurité
aux abords des écoles et participent à la surveillance du bon déroulement des
manifestations publiques.
Création d’une police municipale
La création d’une police municipale permet seule une réponse rapide aux
problématiques locales (incivilités, cambriolages, agressions, petits trafics…), car elle
peut procéder à des interpellations, recueillir les premiers éléments d’information
d’une infraction, travailler en étroite collaboration avec la Police nationale… Elle a
diverses vertus de prévention et de dissuasion. Elle est au cœur d’un lien de proximité,
d’échanges et de confiance avec les habitants, et peut même mener des actions de
médiation.
Les policiers municipaux sont des fonctionnaires territoriaux appartenant à la filière
sécurité. Leur statut est défini par le Code de la sécurité intérieure, notamment les
articles L.511-1 et suivants. Ils sont assermentés et peuvent, sous certaines conditions,
être armés après autorisation préfectorale.
La Police municipale a pour mission de veiller au bon ordre, à la sureté, à la sécurité et à
la salubrité publique, conformément à l’article L.2212-2 du CGCT. Concrètement, cela
recouvre un large éventail d’actions :
- la prévention et la lutte contre les incivilités,
- la sécurité routière et la régulation du trafic,
- la surveillance des espaces publics et des bâtiments communaux,
- l’assistance et la protection des personnes,
- la constatation de certaines infractions (bruits, déchets, chiens dangereux, troubles du
voisinage, etc.).
Une police efficace pour une ville sereine
La police municipale et les ASVP sont deux composantes du service public local qui
agissent sous l’autorité du maire, mais leurs statuts, missions et pouvoirs sont très
différents. Saviez-vous d’ailleurs, pour « l’anecdote », qu’un ASVP ne peut légalement
pas conduire un véhicule de Police municipale ?
En pratique, les ASVP sont souvent placés sous le commandement du chef de service de
la police municipale, ce qui facilite la coordination et la complémentarité des actions.
Nous souhaitons donc, en plus de l’actuel ASVP, nous doter d’une police municipale.
Il existe plusieurs options de mise en place pour la police municipale, notamment
sur le nombre d’agents, leurs missions, leur équipement. Par exemple, il est nécessaire
de monter un projet avec au minimum 3 policiers municipaux pour obtenir des aides
publiques. Aujourd’hui, tout candidat à la fonction de policier municipal veut disposer
d’une arme, ce qui impacte le budget en termes d’équipement et de formation.
Toutes ces questions sont actuellement à l’étude, notamment sous leur aspect financier.
La création d’une police municipale et ses différentes options est l’un des premiers
grands projets qui seront soumis à une votation citoyenne.
Saviez-vous qu’après son élection, le maire devient automatiquement officier de police
et premier magistrat ? C’est à ce titre qu’il est responsable de la police municipale dans
sa commune. Les formations - tant juridiques qu’en matière de gestion de crises - reçues
par Jean-Michel Diard à Saint-Cyr et à l’École de Guerre, sont des atouts pour assurer de
telles fonctions.




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