top of page
Rechercher

L’éclairage public, un sujet directement impactant


Pour une collectivité, l’éclairage public représente une dépense importante. C’est d’ailleurs souvent le premier poste de dépense électrique. 


À Villemoisson, le pilotage au quotidien de l’éclairage public est en gestion par la communauté d’agglomération Cœur Essonne. La commune conserve toutefois son pouvoir de décision sur les aspects techniques (type d’éclairage, coupure de nuit…) mais leurs mises en place doivent passer par les services de Cœur Essonne, ce qui explique le délai parfois assez long entre la décision de la mairie et son exécution effective.


Il est néanmoins important de raisonner l’organisation et le fonctionnement du parc d’éclairage à l’échelle de notre commune. Il s’agit non seulement de s’adapter aux besoins des administrés, mais également de diminuer les coûts et leurs impacts. Aujourd’hui, il existe une pluralité de mesures et matériels pour modeler notre utilisation de l’éclairage public, tout en raisonnant son impact sur notre environnement.


Le cadre réglementaire


Notre marge de manœuvre est conditionnée par le respect de deux arrêtés ministériels majeurs :

Arrêté ministériel du 25 janvier 2013 qui vise à restreindre les consommations dans les postes inutiles. Il oblige ainsi à « arrêter et éteindre les enseignes et publicités lumineuses, ainsi que les vitrines des magasins, l’éclairage des façades des bâtiments ou les locaux à usage de bureaux une heure après la fin d’usage ou entre 1h et 6h du matin ».

Arrêté ministériel du 27 décembre 2018 qui a pour objectif de limiter la pollution lumineuse. Il impose ainsi une orientation de l’éclairage public « vers le bas » (et non plus vers le ciel) ainsi qu’une limitation de la proportion de « lumière bleue ».


5 impacts majeurs de l’éclairage public


Avant de réfléchir aux solutions techniques, il convient de connaître les principaux domaines qui vont être influencés par les décisions prises concernant l’éclairage public.


Sécurité. Elle est souvent évoquée par les administrés comme un facteur essentiel. Pourtant, sur le plan sécuritaire, aucune corrélation n’a été établie entre l’extinction de l’éclairage public et une augmentation de la criminalité ou de l’accidentologie. Le ressenti des administrés peut sembler différent, mais les données ne confirmant pas cette perception, montrent surtout qu’il est dû à l’habitude – depuis très jeunes – des citadins d’être éclairés en permanence. Il n’en demeure pas moins que des mesures transitoires sont nécessaires, surtout pour les piétons qui se retrouvent démunis lors de l’extinction totale de l’éclairage.


 Biodiversité. L’éclairage permanent possède un impact réel et scientifiquement prouvé sur la biodiversité. Il provoque une diminution globale des insectes sur le long terme, entraînant un déséquilibre de la chaîne alimentaire avec une baisse prononcée des oiseaux insectivores, comme les chauve-souris, par exemple, qui sont des prédateurs naturels pour les frelons et les moustiques. 


 Santé humaine. L’éclairage ayant un impact sur le cycle de vie de la faune et la flore, il paraît normal de constater des effets également chez l’Homme. On sait que la perturbation du rythme circadien a pour effet la diminution de la sécrétion de mélatonine, entraînant des troubles psychologiques, de la fatigue, des troubles du sommeil, et, sur le long terme, des troubles alimentaires, un affaiblissement du système immunitaire ou des risques accrus de cancer. Pascal Guénel, chercheur à l’université Paris-Saclay, a ainsi démontré que l’éclairage artificiel nocturne contribue significativement au développement du cancer du sein, représentant un enjeu de santé publique. 


Budget. L’éclairage représente souvent 40 % du budget énergétique d’une commune. Un éclairage intelligent et raisonné permet une réduction estimée des coûts pouvant aller jusqu’à 50 %.


Observation astronomique. La lumière artificielle forme des halos lumineux qui « noient » la lumière naturelle des étoiles. Cela limite non seulement les observations astronomiques, mais contribue aussi à la disparition du patrimoine culturel et scientifique que représente un ciel étoilé…

Pour ceux qui s’intéresse à ce sujet, le point sur les travaux de plusieurs chercheurs de l’université Paris-Saclay sur l’impact de l’éclairage public est à lire sur https://www.universite-paris-saclay.fr/actualites/eclairage-public-et-pollution-lumineuse-eclairer-la-ville-proteger-le-vivant.

Jour…nuit…jour…nuit…


Pour ce qui concerne la question de l’extinction de l’éclairage public, plusieurs solutions sont à étudier. Certaines ont déjà été expérimentées dans des communes voisines.


Amplitude d’extinction. C’est une mesure clivante, souvent associée à un sentiment d’insécurité en ville. Mais saviez-vous que la détection des plaques d’immatriculation par les caméras de vidéosurveillance est plus efficace lorsque l’éclairage est coupé ? Depuis le début de la mesure d’extinction, Villemoisson était dans le noir de minuit à 5 h. L’extinction des feux a été repoussée, depuis décembre, à 1 h. À noter qu’il est également possible d’avoir des horaires d’extinction différents suivant les axes. Il conviendrait ainsi d’étudier les spécificités de chaque quartier.


Gradation de l’intensité. Cela consiste à adapter l’éclairage sur des créneaux horaires pour en diminuer l’intensité tout en maintenant une présence lumineuse


Déclenchement par détection. Cela permet de déclencher l’éclairage au passage d’un administré ou d’une personne, que ce soit au niveau d’un point lumineux ou à l’échelle d’une zone complète. La détection se pratique actuellement en expérimentation sur L’allée du bocage qui est une rue piétonne. Lorsqu’un piéton s’approche, le lampadaire augmente l’intensité de son éclairage. 

((mettre l’image)) 


Pilotage numérique. Il s’agit du déclenchement et allumage des zones via une application, permettant à la personne elle-même d’activer l’éclairage sur la zone souhaitée. 



Des mesures complémentaires


Indépendamment de la réflexion sur les plages d’éclairages, plusieurs mesures peuvent être prises pour réduire les nuisances de la pollution lumineuse. 


Couleur de l’éclairage : privilégier les teintes « orangées » pour réduire l’impact sur les organismes vivants.


Hauteur et orientation des luminaires : optimiser leur puissance en ajustant leur hauteur.   Diriger la lumière vers des surfaces précises et éviter d’éclairer le ciel. Il conviendra aussi de s’interroger sur les lampadaires qui éclairent la route plutôt que les trottoirs.


Trames noires et corridors obscurs : créer des zones sans éclairage pour préserver, protéger et favoriser la biodiversité nocturne.

Dans tous les cas, les solutions optimales sont celles qui tiennent compte de l’environnement et des utilisateurs. Ainsi, il semble préférable de diversifier les solutions en les adaptant aux besoins. Par exemple, les grands axes, plus fréquentés, n’ont pas les mêmes besoins en éclairage que les petites impasses.

 
 
 

Commentaires


bottom of page